Rennes au fil des spectacles

LE LIVRE A VENIR

En cours de réalisation : une histoire, sensible et documentée, des spectacles qui ont marqués les Rennais sur les 30 dernières années. Une forme d’archéologie du souvenir.

L’histoire du rock à Rennes, avec ses pionniers, ses époques et sa mythologie, a été racontée. Pas celle du spectacle vivant. Mon projet est donc de filer cette histoire de Rennes à travers les spectacles, théâtre, danse, cirque et formes parfois « indisciplinaires », hors musique et concerts. Du spectacle vivant donc, c’est-à-dire par essence éphémère. Dont on garde, dans les plis et replis de la mémoire, un souvenir plus ou moins vif et durable, bien identifié ou participant à un rapport sensible et esthétique au monde. Des souvenirs également indissociables d’une situation vécue, de circonstances singulières.

Pour des raisons de commodité, mais pas seulement, je la ferai débuter dans les années 80. Un repère : l’arrivée en 1986 du metteur en scène Pierre Debauche à la direction conjointe du Grand Huit (ancienne Maison de la culture de Rennes) et de la Comédie de l’Ouest (Centre dramatique national auparavant dirigé par Guy Parigot). Un tournant important dans le paysage du spectacle vivant à Rennes, où les deux grandes institutions, issues de la décentralisation théâtrale et du projet de démocratisation culturelle, jouent un rôle moteur et prépondérant. Les deux établissements se fondront quatre ans plus tard dans une seule structure et sous un même statut, le Théâtre national de Bretagne, avec l’arrivée à sa direction d’Emmanuel de Véricourt, qui précède François Le Pillouër.

D’autres lieux, d’autres équipes, des festivals, ont développé et renouvelé l’offre de spectacle vivant à Rennes, dans un mouvement qui voit un foisonnement progressif, dans la métropole rennaise et le département. On pense notamment au Festival des Tombées de la nuit, mais aussi à Mythos, au Grand soufflet, et plus récemment à des manifestations comme Maintenant.

Souvenirs, souvenirs…

Travail d’archéologie donc, qui passe par la mémoire et le recueil des souvenirs des spectateurs. Souvent liés à un contexte, un moment, et il est alors difficile et vain de les dissocier. Une centaine de rennais.es ou ancien.es rennais.es interrogé.e.s, partageront ces traces, comme autant d’arrêts sur disparitions provisoires, ainsi préservés de l’oubli. Retenir ainsi ces instants de grâce, d’exaltation, de joie, d’émotion, qui finalement, œuvrent longtemps en nous, de façon souterraine.

L’architecture de l’ouvrage

Une entreprise surtout pas exhaustive, mais collant à un fil éditorial autour des spectacles marquants, c’est-à-dire reconnus comme tels aujourd’hui avec le recul historique. Les personnes interviewées sont sélectionnées de façon absolument non scientifique, plutôt par capillarité ou rhizomes, et ne sont représentatives… que d’elles-mêmes. Dans une visée autant sensible que documentaire, on tentera de dégager deux ou trois spectacles marquants par année, retenu par un spectateur qui nous en parlera à travers ses mots, nous livrant son expérience sensible. Un appareillage léger d’informations factuelles et critiques accompagnera chaque témoignage pour resituer les spectacles dans cette histoire rennaise. Chaque année est alors déclinée sur deux, trois ou quatre pages, avec un gros plan sur deux ou trois spectacles, et un rappel en bref d’autres (qui auront pu être cités) présentés cette année-là. Le souhait étant de constituer une mémoire partagée entre les artistes, les programmateurs, et le public, les spectateurs. L’iconographie compose une part importante de ce voyage mémoriel, à travers les photographies, reprises d’affiches de spectacles, voire dessins et croquis.

Appel à témoignages

Cette histoire s’écrit à partir des souvenirs et témoignages de spectateurs. Vos contributions sont donc les bienvenues. Un guide vous est proposé pour retisser les fils de votre mémoire. Vous pouvez utiliser le cadre suivant pour rédiger et envoyer directement vos commentaires ou pour prendre contact et convenir d’un entretien.